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	<title>C.L.F.</title>
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	<description>Site de la Coordination Lesbienne en France</description>
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		<title>Toulouse, Bagdam Espace, lesbien premi&#232;re langue</title>
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&lt;p&gt;&#192; Toulouse, Bagdam Espace : lesbien premi&#232;re langue &lt;br class='autobr' /&gt;
Brigitte Boucheron &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s l'&#233;panouissement du mouvement lesbien f&#233;ministe en France, dans les ann&#233;es 1980-1990, les lesbiennes de la non-mixit&#233;, donc de l'ind&#233;pendance, sont face &#224; un d&#233;fi de taille depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 : maintenir cette ind&#233;pendance de pens&#233;e et d'action, donc continuer &#224; parler lesbien premi&#232;re langue dans le raz-de-mar&#233;e LGBT et Queer. Bagdam Espace lesbien, &#224; Toulouse, est l'un des lieux en France qui rel&#232;vent le d&#233;fi. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.coordinationlesbienne.org/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Utopies et pratiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; Toulouse, Bagdam Espace : lesbien premi&#232;re langue&lt;/h3&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Brigitte Boucheron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Lesbienne en temps normal, gouine quand elle est en col&#232;re, elle n'oublie (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Apr&#232;s l'&#233;panouissement du mouvement lesbien f&#233;ministe en France, dans les ann&#233;es 1980-1990, les lesbiennes de la non-mixit&#233;, donc de l'ind&#233;pendance, sont face &#224; un d&#233;fi de taille depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 : maintenir cette ind&#233;pendance de &lt;a class=&#034;ktg6us78hf8vdu7&#034; href=&#034;#&#034;&gt;pens&lt;/a&gt;&#233;e et d'action, donc continuer &#224; parler lesbien premi&#232;re langue dans le raz-de-mar&#233;e LGBT et Queer. Bagdam Espace lesbien, &#224; Toulouse, est l'un des lieux en France qui rel&#232;vent le d&#233;fi.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Naissance d'une l&#233;gitimit&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au commencement &#233;tait le verbe : petite analyse de textes &#233;crits par Bagdam en 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;i&gt;&#034;En Europe, combien de lieux publics qui appartiennent aux femmes &#8211;homosexuelles et h&#233;t&#233;rosexuelles&#8211; qui soient leurs territoires, inscrits dans le tissu social, g&#233;r&#233;s par elles et pour elles, situ&#233;s sur leur parcours quotidien, professionnel ou de fl&#226;nerie ? Bien peu encore. Trop peu. Bagdam Caf&#233;e est l'un de ces lieux-l&#224;, n&#233; du d&#233;sir de quelques-unes, actrices et h&#233;riti&#232;res des luttes des femmes des ann&#233;es 70.&#034;&lt;/i&gt; Tels sont les quelques mots de pr&#233;sentation de Bagdam Caf&#233;e &#233;crits en 1989, ann&#233;e d'ouverture dudit caf&#233;, qui ferma ses portes le 1er janvier 1999 pour revivre en Bagdam Espace lesbien dans les ann&#233;es 2000 (apr&#232;s deux ans de transition sous le nom de Bagdamobile&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce texte, il est question de femmes, d'homosexuelles quasi entre parenth&#232;ses, pas de lesbiennes. Et j'ajoute que les statuts de l'association qui disaient &#034;promouvoir les r&#233;alisations des femmes&#034; ne parlaient pas lesbien du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Au fil des 10 ans d'existence de Bagdam Caf&#233;e, le moi lesbien de ses cr&#233;atrices s'est &#233;toff&#233;, donnant, sur fond m&#233;galo de mappemonde, un slogan de transition inscrit dans le marbre de son pin's r&#233;alis&#233; en 1992 (et sign&#233; Arthus Bertrand&#8230;) : &lt;i&gt;Longitude femme, latitude lesbienne&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Environ 15 ans plus tard, les m&#234;mes &#233;crivent sur le site de Bagdam Espace lesbien : &#034;Au travers de son site, de ses rencontres internationales, de la revue &lt;i&gt;Espace lesbien,&lt;/i&gt; des &#8220;Printemps lesbien de Toulouse&#8221;, Bagdam est en France un des lieux majeurs d'expression, d'initiative et d'&#233;change des cr&#233;ations et de la pens&#233;e lesbiennes.&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. En 2008, dans la pr&#233;sentation de l'ADSL (Alliance des solidarit&#233;s lesbiennes), qui r&#233;unit actuellement 12 associations lesbiennes &#224; Toulouse et en Midi-Pyr&#233;n&#233;es, on lit, entre autres, que l'ADSL affirme, &#034;dans le droit fil du Mouvement de lib&#233;ration des femmes, l'IND&#201;PENDANCE et la SP&#201;CIFICIT&#201; lesbiennes &#224; Toulouse et en Midi-Pyr&#233;n&#233;es. (&#8230;) L'ADSL est le point sur le i de lesbiennes pour qu'il soit clair qu'&#224; Toulouse existe depuis longtemps &#8211;&#224; c&#244;t&#233; et parfois aux c&#244;t&#233;s des courants LGBT et queer, mais plus souvent aux c&#244;t&#233;s des f&#233;ministes&#8211; le courant LESBIENNES&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Enfin, le titre du &lt;a class=&#034;ktg6us78hf8vdu7&#034; href=&#034;#&#034;&gt;DVD&lt;/a&gt; r&#233;alis&#233; pour les 20 ans de Bagdam, en 2009, claironne : &lt;i&gt;LESBIENNES SINON RIEN ! 20 ans d'espace lesbien &#224; Toulouse&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 20 ans, &#224; travers ces textes et formules, on assiste &#224; l'irr&#233;sistible ascension d'un moi lesbien surpuissant fait pour traverser les si&#232;cles ! Plus s&#233;rieusement, le ma&#238;tre mot en l'occurrence est L&#201;GITIMIT&#201;, en 20 ans, nous avons acquis quelque chose d'essentiel : la l&#233;gitimit&#233; qui nous permet de parler lesbien premi&#232;re langue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est construite cette l&#233;gitimit&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La base de tout, c'est le Mouvement de lib&#233;ration des femmes qui nous a donn&#233; &#8211;avant la fiert&#233; lesbienne, LA FIERT&#201; D'&#202;TRE FEMMES&#8211; NOUS au centre du monde, le monde r&#233;interpr&#233;t&#233;, r&#233;invent&#233; par nous, avec en toile de fond l'amour des femmes pour les femmes, la reconnaissance et la valorisation de la pens&#233;e et de la cr&#233;ation des femmes, l'identification des femmes aux femmes, la sororit&#233;, le continuum lesbien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='Adrienne Rich, th&#233;oricienne et po&#232;te lesbienne &#233;tatsunienne, auteure du (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. d'Adrienne Rich, toutes choses dont deux slogans disent l'importance politique : &lt;i&gt;Sisterhood is powerful, Quand les femmes s'aiment les hommes ne r&#233;coltent pas&lt;/i&gt;. Nommer, analyser la dimension politique de l'amour des femmes pour les femmes, et dans le m&#234;me mouvement, d&#233;pister, nommer, analyser notre misogynie est &#224; mon avis un des apports essentiels du Mouvement des femmes et c'est malheureusement un chantier quelque peu abandonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. On sait que les lesbiennes souffrent d'un manque d'inscription, d'existence sociale, d'un manque de lieux, de territoires pour se socialiser en tant que lesbiennes. Mich&#232;le Causse disait en 1989 : &#034;J'ai le sentiment tr&#232;s fort que les femmes &#233;tant priv&#233;es de territoire sont priv&#233;es &#233;galement d'imaginaire, sont priv&#233;es de tout. Elles sont en territoire occup&#233;, partout sur la Terre. Il n'y a pas de &#8220;lesbimoine&#8221;. (&#8230;) Il n'y a pas de territoire mental s'il n'y a pas de territoire g&#233;ographique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Mich&#232;le Causse, dans le film qui lui est consacr&#233;, Corps de paroles, 1989, (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes donn&#233; des lieux, des territoires p&#233;rennes, d'abord la Maison des femmes de Toulouse (6 ans : 1976-1982), La Gavine (32 ans : 1977-2009), Bagdam Caf&#233;e (10 ans : 1989-1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un territoire, &#231;a permet de vivre ensemble, donc de penser ensemble, d'inventer ensemble, de cr&#233;er ce fameux territoire mental, d'arriver au plus pr&#232;s de nous-m&#234;mes, nous avons eu le temps d'&#233;laborer notre pens&#233;e et notre langue sans interruption pendant toutes ces ann&#233;es. Nous avons &#233;prouv&#233; la f&#233;condit&#233; de la non-mixit&#233;, go&#251;t&#233; &#224; l'&#233;motion, au plaisir de l'entrefemmes. Toutes choses qui sont d&#233;sormais le sel de nos vies et qui nous permettent de continuer &#224; travailler pour les lesbiennes, c'est-&#224;-dire pour nous, &#224; la fois en interne et dans la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a parle lesbien premi&#232;re langue &#224; Toulouse &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre encore mieux pourquoi &#231;a parle lesbien premi&#232;re langue &#224; Toulouse en 2010, au c&#339;ur de la vague LGBT et queer, o&#249; la mixit&#233; et la mode des jongleries sur le genre r&#233;duisent le sujet lesbienne &#224; une ombre, une br&#232;ve &#233;vocation du mythique Bagdam Caf&#233;e des ann&#233;es 90 s'impose : caf&#233; litt&#233;raire, caf&#233; th&#233;&#226;tre, caf&#233; concert, caf&#233; vid&#233;o, caf&#233; politique donc f&#233;ministe, Bagdam Caf&#233;e a &#233;t&#233; pendant 10 ans un lieu de promotion des r&#233;alisations des lesbiennes et des femmes, un lieu de visibilit&#233; et de culture lesbiennes, de renomm&#233;e nationale et internationale, qui a toujours essay&#233; de conjuguer convivialit&#233;, culture et politique, trilogie magique pour donner de l'&#226;me &#224; un lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne partie du gotha de la cr&#233;ation et de la pens&#233;e lesbiennes, national et international, a &#233;t&#233; invit&#233;e &#224; Bagdam Caf&#233;e, des dizaines de milliers de lesbiennes sont pass&#233;es &#224; Bagdam Caf&#233;e, qui a rempli &#224; cent pour cent son r&#244;le premier de mise en lien et de socialisation des lesbiennes. Actuellement, on peut dire que Bagdam est &#224; l'origine de la plupart des r&#233;seaux toulousains et r&#233;gionaux de lesbiennes de cette g&#233;n&#233;ration. Au fil des ann&#233;es, des lesbiennes sont venues s'installer &#224; Toulouse parce que Bagdam y &#233;tait. Les journaux ont parl&#233; de Bagdam, Bagdam est venue &#224; la t&#233;l&#233; et la t&#233;l&#233; est venue &#224; Bagdam, bref, gr&#226;ce &#224; Bagdam les lesbiennes sont apparues dans le paysage toulousain en tant que groupe social actif et cr&#233;atif aux yeux des lesbiennes elles-m&#234;mes, leur donnant la possibilit&#233; de penser : &#034;We CAN do it !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la fermeture du caf&#233;, fortes de notre territoire mental et de notre moi lesbien surpuissant acquis dans les ann&#233;es 90, nous avons continu&#233; &#224; produire lesbien &lt;i&gt;presque&lt;/i&gt; comme avant : en mixit&#233; dans les lieux culturels qui nous accueillaient d&#233;j&#224; r&#233;guli&#232;rement (librairie, cin&#233;ma, cin&#233;math&#232;que), et en non-mixit&#233;, dans des lieux pr&#234;t&#233;s ou lou&#233;s. Mais &lt;i&gt;presque&lt;/i&gt; comme avant &lt;a class=&#034;ktg6us78hf8vdu7&#034; href=&#034;#&#034;&gt;car&lt;/a&gt; sans lieu, nous &#233;tions amput&#233;es d'une des dimensions de la trilogie magique : la convivialit&#233; au long cours, seulement r&#233;alisable dans un espace &#224; nous, et qui permet d'agrandir la soci&#233;t&#233; lesbienne gr&#226;ce &#224; l'int&#233;gration des nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ces ann&#233;es 2000, nous avons recr&#233;&#233; des espaces et une convivialit&#233; &#233;ph&#233;m&#232;res, notamment avec nos journ&#233;es d'&#233;tudes intitul&#233;es &lt;i&gt;&#192; l'&#233;cole des lesbiennes&lt;/i&gt; (2003-2005), o&#249; se m&#234;laient les g&#233;n&#233;rations et dont l'une des plus illustres profs fut Taslima Nasreen (traduite par Danielle Charest).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Bagdam fait parler le corps et le sujet lesbiennes dans ses colloques internationaux &#8211;six depuis 2000&#8211;, ses annuels &lt;i&gt;Printemps lesbien de Toulouse&lt;/i&gt; dont le premier a eu lieu en 1996, et une nouvelle cr&#233;ation, de septembre &#224; novembre, ses &lt;i&gt;Filles d'automne&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour illustrer ce que parler lesbien &#224; Toulouse veut dire, juste un zoom sur deux &#233;v&#233;nements r&#233;cents :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er zoom, l'ann&#233;e derni&#232;re, en 2009, Bagdam, dop&#233;e par l'arriv&#233;e de la gauche &#224; la mairie l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente (apr&#232;s 37 ans de r&#232;gne de la droite), a donn&#233; un lustre particulier &#224; son 12e &lt;i&gt;Printemps lesbien de Toulouse&lt;/i&gt;. Sept jours de manifestations dans 7 lieux culturels de la ville, dont 3 jours de colloque non mixte. Au programme, plus de 50 invit&#233;es d'une culture lesbienne transcontinentale : chercheuses, activistes, &#233;crivaines, cin&#233;astes et &lt;a class=&#034;ktg6us78hf8vdu7&#034; href=&#034;#&#034;&gt;artistes&lt;/a&gt; en provenance de 12 pays et 4 continents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Festival du Printemps lesbien&lt;/i&gt; fut re&#231;u en grandes pompes &#224; la mairie, salle des Illustres (la grande salle d'apparat de la mairie), avec carton d'invitation, discours de la responsable aux &#034;affaires lesbiennes&#034; &#224; la mairie, discours de Bagdam, discours du maire, champagne et petits fours. Il y avait environ 200 personnes dont, disons&#8230;, 198 lesbiennes. Et &lt;i&gt;la D&#233;p&#234;che du Midi&lt;/i&gt; a titr&#233; : &#8220;Toulouse, la ville qui aime les lesbiennes&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='En 2004, La D&#233;p&#234;che a intitul&#233; son article sur le colloque Fureur et (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien brief&#233; par l'une de ses adjointes, toute proche de nous, le maire, dans son discours, dit, non sans humour, avoir bien compris qu'il y avait les LGBT et les lesbiennes et que c'&#233;tait deux choses diff&#233;rentes. L'affiche du festival&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='L'affiche a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e &#224; partir d'une photo de la danseuse et chor&#233;graphe C&#233;cile (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a &#233;t&#233; plac&#233;e sur 30 panneaux Decaux un peu partout en ville pendant une quinzaine de jours (&#231;a nous a co&#251;t&#233; 2 000 euros&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2e zoom, en 2009 et 2010, Bagdam qui n'avait pas particip&#233; &#224; une Marche des fiert&#233;s depuis 10 ans a cr&#233;&#233; un espace non mixte dans la marche &#224; Toulouse avec le petit train touristique de la ville (20 m de long) lou&#233; pour faire LE char lesbien d&#233;cor&#233; de pancartes et de slogans tr&#232;s lesbiens, et malheur aux hommes qui voulait y grimper, et bien s&#251;r notre DJ n'a pass&#233; que des voix de femmes dont Callas chantant &#034;L'amour est enfant de Boh&#232;me&#034; et le ch&#339;ur de femmes de &lt;i&gt;Judith triomphante&lt;/i&gt; de Vivaldi, autant dire que la musique des lesbiennes se d&#233;marquait largement de la musique gay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, un petit panorama de ce dont peuvent profiter collectivement les lesbiennes de Toulouse en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Deux lieux tenus par des lesbiennes, La Luna loca, et Folles Saisons, qui accueillent et organisent des &#233;v&#233;nements lesbiens et f&#233;ministes et qui sont, bien s&#251;r, partenaires de Bagdam.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Deux f&#234;tes lesbiennes par mois, sans compter les autres samedis &#224; la Luna o&#249; l'on danse aussi.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Un accueil lesbien une fois par mois, par la Tribue lezbop&#244;le, dans un tout nouveau bar du centre-ville, le Peu Conventionn'elle, tenu par une lesbienne.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Des infos lesbiennes et femmes, conviviales, culturelles et politiques, qui tombent plusieurs fois par semaine dans les bo&#238;tes aux lettres de la liste de diffusion de Bagdam (environ 300 inscrites).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; Le groupe convivial Violette &amp; Marguerite qui organise des repas et des sorties.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Sans compter les multiples soir&#233;es priv&#233;es d'anniversaires et de cr&#233;maill&#232;res et autres moments de la soci&#233;t&#233; lesbienne qui r&#233;unissent couramment 30 &#224; 50 lesbiennes, et les belles maisons de vacances du Gers pour l'&#233;t&#233;. Autant d'occasions de vivre et de parler lesbien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la Maison des femmes de Toulouse que les cr&#233;atrices de Bagdam Caf&#233;e ont acquis leur l&#233;gitimit&#233; en tant que femmes, c'est &#224; Bagdam Caf&#233;e qu'elles ont acquis leur l&#233;gitimit&#233; en tant que lesbiennes. C'est &#224; travers Bagdam Espace lesbien qu'elles disent leur ind&#233;pendance de pens&#233;e et d'action, qu'elles mettent les lesbiennes et leurs cr&#233;ations au centre de la page.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos actions visent &#224; donner force et l&#233;gitimit&#233; aux lesbiennes. Faire exister la cr&#233;ation lesbienne et femme dans tous les domaines est notre fa&#231;on de combattre l'h&#233;g&#233;monie h&#233;t&#233;rosexuelle et masculine. Les LGBT et les queer s'attaquent &#224; l'h&#233;g&#233;monie h&#233;t&#233;rosexuelle ; beaucoup moins, et pour cause, &#224; l'h&#233;g&#233;monie masculine. Solidaires de ces courants sur certains plans, nous ne sommes pas assimilables, nous ne sommes pas solubles dans le queer et le LGBT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je termine par de courts extraits du texte de pr&#233;sentation de l'ADSL qui donnent bien la mesure de la pr&#233;sence lesbienne &#224; Toulouse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Depuis 20 ans, les lesbiennes de Toulouse et de la R&#233;gion ont construit du lien, du politique, du quotidien, des structures, de l'emploi... et cela dans toutes les sph&#232;res : culture, arts, loisirs, rencontres, divertissement, social, sant&#233;, &#233;ducation, &#233;changes intellectuels et conceptuels&#8230;&#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation de l'ADSL permet de &#034;mesurer &#8211;s'il en &#233;tait besoin&#8211; l'importance et la f&#233;condit&#233; de la non-mixit&#233; et, cerise sur le g&#226;teau, d'appr&#233;cier (avec la modestie qui s'impose) le caract&#232;re unique en France de cette collective de r&#233;alisations lesbiennes, fruit de la continuit&#233; sans faille de la pr&#233;sence et des pratiques lesbiennes &#224; Toulouse depuis plus de 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On parle lesbien premi&#232;re langue &#224; Toulouse lesbopole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Expression invent&#233;e par la Bagdamienne Jacqueline Julien' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Lesbienne en temps normal, gouine quand elle est en col&#232;re, elle n'oublie jamais que sa m&#232;re &#233;tait une femme. Elle est donc r&#233;solument, absolument du c&#244;t&#233; des femmes et des lesbiennes. Et rien ne pourrait l'emp&#234;cher maintenant de parler lesbien premi&#232;re langue. Parmi les choses qu'elle a faites, elle aime bien : &lt;i&gt;&#192; l'&#233;cole des lesbiennes&lt;/i&gt; (2003-2005), cycle d'&#233;tudes o&#249; se m&#234;laient les g&#233;n&#233;rations. Parmi les choses qu'elle fait, deux de ses pr&#233;f&#233;r&#233;es sont la r&#233;daction de la lettre d'info de Bagdam et l'enrichissement du site (bagdam.org).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Adrienne Rich, th&#233;oricienne et po&#232;te lesbienne &#233;tatsunienne, auteure du c&#233;l&#232;bre texte &#034;La contrainte &#224; l'h&#233;t&#233;rosexualit&#233; et l'existence lesbienne&#034; en 1980, traduit en fran&#231;ais en 1981 dans le n&#176; 1 de la revue Nouvelles Questions f&#233;ministes. Ce qu'elle appelle le &#034;continuum lesbien&#034; englobe les relations lesbiennes et les &#034;multiples formes de rapports intenses et privil&#233;gi&#233;s entre femmes&#034; qui ne s'identifient pas forc&#233;ment comme &#034;homosexuelles&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mich&#232;le Causse, dans le &lt;a class=&#034;ktg6us78hf8vdu7&#034; href=&#034;#&#034;&gt;film&lt;/a&gt; qui lui est consacr&#233;, &lt;i&gt;Corps de paroles&lt;/i&gt;, 1989, Diane Heffernan, Suzanne Vertue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2004, La D&#233;p&#234;che a intitul&#233; son article sur le colloque Fureur et jubilation &#8220;Toulouse terre promise des lesbiennes en France&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'affiche a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e &#224; partir d'une photo de la danseuse et chor&#233;graphe C&#233;cile Proust, invit&#233;e du festival&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Expression invent&#233;e par la Bagdamienne Jacqueline Julien&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>La repr&#233;sentation au cin&#233;ma de la relation des lesbiennes avec l'argent</title>
		<link>http://www.coordinationlesbienne.org/spip.php?article190</link>
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		<dc:date>2012-06-16T12:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation au cin&#233;ma de la relation des lesbiennes avec l'argent &lt;br class='autobr' /&gt;
Janick Penhoat, Marine Lemant, Marrianne Deforges &lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;bat Cin&#233; propose une r&#233;flexion non exhaustive sur la repr&#233;sentation au cin&#233;ma des lesbiennes et l'argent &#233;voqu&#233;es &#224; travers diff&#233;rents th&#232;mes : l'habitat, le travail, les luttes de pouvoir, le racisme, les classes sociales, la culture, les r&#233;voltes, les rapports dans le couple, la d&#233;pendance &#233;conomique... Dans le contexte &#233;conomique actuel, des r&#233;alisatrices proposent une autre (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.coordinationlesbienne.org/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Utopies et pratiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La repr&#233;sentation au cin&#233;ma de la relation des lesbiennes avec l'argent&lt;/h3&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Janick Penhoat, Marine Lemant, Marrianne Deforges&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='membres de D&#233;bat-cin&#233;' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;D&#233;bat Cin&#233; propose une r&#233;flexion non exhaustive sur la repr&#233;sentation au cin&#233;ma des lesbiennes et l'argent &#233;voqu&#233;es &#224; travers diff&#233;rents th&#232;mes : l'habitat, le travail, les luttes de pouvoir, le racisme, les classes sociales, la culture, les r&#233;voltes, les rapports dans le couple, la d&#233;pendance &#233;conomique... Dans le contexte &#233;conomique actuel, des r&#233;alisatrices proposent une autre fa&#231;on de penser, de construire, de d&#233;construire notre rapport &#224; l'argent et &#034;Oublier Cheyenne&#034;.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation du groupe D&#233;bat cin&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bat cin&#233; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; il y a 3 ans par quelques lesbiennes de la Barbare, lieu non mixte de Montreuil. A la fermeture de ce lieu, nous avons eu la sensation d'un vide politique, et nous avons donc cr&#233;&#233; un espace de r&#233;flexions, d'interrogations et de rencontres &#224; travers le prisme du cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe a &#233;t&#233; ouvert aux lesbiennes s'int&#233;ressant au cin&#233;ma lesbien. Les premi&#232;res rencontres se sont d&#233;roul&#233;es &#224; la Maison des Femmes de Paris et au Centre LGBT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe a cibl&#233; de fa&#231;on plus fine ses objectifs :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; travailler sur une th&#233;matique essentiellement lesbienne, et non homosexuelle nous est apparu comme un choix politique incontournable. Nous nous sommes ainsi interrog&#233;es sur la d&#233;finition &#034;&#234;tre lesbienne&#034; : est-ce juste avoir une relation sexuelle et/ou amoureuse avec une femme, ou avoir aussi une r&#233;flexion politique sur le lesbianisme ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; partager des moments agr&#233;ables, qui n'emp&#234;chent en aucune mani&#232;re des discussions &#034;chaudes&#034;, voire m&#234;me houleuses, moments qui nous am&#232;nent aussi &#224; partager entre nous des r&#233;flexions, des questionnements plus personnels ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; faire partager notre int&#233;r&#234;t sur la repr&#233;sentation des lesbiennes dans le cin&#233;ma en g&#233;n&#233;ral, et en particulier, dans le cin&#233;ma lesbien ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; se confronter &#224; d'autres regards, d'autres id&#233;es pour &#233;voluer ensemble lors des d&#233;bats apr&#232;s les projections.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les lesbiennes et l'argent &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, pratiquement tous les lieux collectifs lesbiens ont ferm&#233;. Une des causes la plus fr&#233;quemment avanc&#233;e est que les lesbiennes manquent d'argent et que leur priorit&#233; n &#8216;est pas de faire vivre un lieu ou collectif lesbien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avancer dans cette r&#233;flexion avec la Coordination Lesbienne, nous avons voulu aborder la repr&#233;sentation de la relation des lesbiennes avec l'argent dans les films lesbiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons visionn&#233; environ 150 films r&#233;alis&#233;s de 1960 &#224; nos jours. Parmi les films facilement accessibles en France, la majorit&#233; vient d'Europe ou d'Am&#233;rique du Nord. On a aussi trouv&#233; des films d'Afrique du Sud avec &lt;i&gt;The World Unseen&lt;/i&gt; de Shamim Sarif, d'Inde avec &lt;i&gt;Fire&lt;/i&gt; de Deepa Mehta, et &lt;i&gt;The Journey&lt;/i&gt; de Ligy Pullappally ; de Chine avec &lt;i&gt;Les filles du Botaniste&lt;/i&gt; de Dai SIjie d'Isra&#235;l avec &lt;i&gt;Round Trip&lt;/i&gt; de Shahar Rosen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons constat&#233; que tr&#232;s peu de films abordent de front le sujet de l'argent et surtout pas dans le cadre d'une revendication politique &#224; l'exception de &#034;Oublier Cheyenne&#034; de Val&#233;rie Minetto o&#249; une des h&#233;ro&#239;nes cherche &#224; rompre avec la soci&#233;t&#233; de consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La repr&#233;sentation de l'argent, des probl&#232;mes &#233;conomiques, de la d&#233;pendance, du statut social et de la classe sociale est plus souvent mise en avant dans les films asiatiques et africains que dans les films europ&#233;ens ou d'Am&#233;rique du Nord&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas central mais traverse l'histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A d&#233;faut d'un traitement politique de l'argent, ce th&#232;me traverse plusieurs films. Par exemple la 1&#232;re partie de &lt;i&gt;Sex Revelation&lt;/i&gt; de Jane Anderson met en sc&#232;ne un couple de lesbiennes &#226;g&#233;es qui ont v&#233;cu toute leur vie ensemble. L'une des deux meurt, elle &#233;tait la propri&#233;taire de la maison. Sa famille veut r&#233;cup&#233;rer la propri&#233;t&#233;. L'autre femme perd tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce film est centr&#233; sur une histoire personnelle mais &#224; travers elle, on voit l'un des aspects &#233;conomiques de l'h&#233;t&#233;rosocialit&#233;. Le sujet dans ce film n'est pas directement l'argent, mais il nous am&#232;ne &#224; nous questionner sur ce qui aurait permis &#224; cette femme de sauver sa maison. Est-ce qu'un PACS l'aurait aid&#233;e ? N'y a-t-il pas des strat&#233;gies que les lesbiennes pourraient inventer pour contourner le syst&#232;me patriarcal ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Robin'shood&lt;/i&gt;, les deux h&#233;ro&#239;nes en manque d'argent braquent une banque pour tenter de sortir de la gal&#232;re. Elles ne posent pas leur action comme un acte politique mais uniquement comme une r&#233;ponse &#224; un besoin personnel. Le film interpelle cependant les spectatrices sur les r&#233;ponses possibles que les lesbiennes peuvent apporter &#224; leur manque d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s peu de films montrent la situation &#233;conomique des h&#233;ro&#239;nes dans le quotidien, on les voit peu &#224; leur travail ou confront&#233;es aux questions d'argent.. &lt;i&gt;Round trip&lt;/i&gt; fait exception sur ce point Ce sujet ne semble appara&#238;tre qu'au moment des ruptures, soit avec leur famille, soit avec leur mari, soit avec leur amante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En entrant dans une relation lesbienne, les femmes perdent souvent leur confort &#233;conomique, leur statut social. Dans &lt;i&gt;Fire&lt;/i&gt;, le film montre les traditions et relations dans une famille indienne ais&#233;e. Une jeune femme apr&#232;s un mariage arrang&#233;, tombe amoureuse de sa belle s&#339;ur. Toutes deux vivent dans un milieu confortable avec une s&#233;curit&#233; &#233;conomique. Malgr&#233; tout, elles pr&#233;f&#232;rent perdre cette s&#233;curit&#233; et ce statut social en s'enfuyant pour vivre leur histoire. Ou comme dans &lt;i&gt;Late Bloomer&lt;/i&gt; o&#249; la secr&#233;taire du proviseur tombe amoureuse d'une professeure de gymnastique. Elles sont toutes les deux licenci&#233;es, insult&#233;es parce qu'elles refusent de casser cette relation. Les deux femmes perdent leur statut social, leur confort &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;action &#224; leur gal&#232;re &#233;conomique, plusieurs films racontent le parcours de lesbiennes qui se prostituent, comme dans &lt;i&gt;Tipping the velvet&lt;/i&gt; film tir&#233; du roman de Sarah Waters, &lt;i&gt;Round Trip&lt;/i&gt;, ou &lt;i&gt;Monster&lt;/i&gt; de Patty Jenkins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;pendance &#233;conomique dans le couple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pendance &#233;conomique dans le couple est souvent montr&#233;e quand les lesbiennes sont encore dans une relation h&#233;t&#233;rosexuelle, c'est bien s&#251;r la d&#233;pendance de la femme par rapport &#224; son mari, mais presque jamais lorsqu'elle a une histoire avec une autre lesbienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rares films lesbiens qui abordent ce sujet, la question est trait&#233;e avec les standards h&#233;t&#233;rosexuels comme par exemple dans &lt;i&gt;Itty Bitty Titty Commitee&lt;/i&gt; de Jamie Babbit : une lesbienne &#226;g&#233;e entretient une jeune &#233;tudiante. Ce film sous entend qu'il y ne peut y avoir une r&#233;elle histoire d'amour quand il existe une diff&#233;rence d'&#226;ge tr&#232;s marqu&#233;e. Cette repr&#233;sentation est charg&#233;e de pr&#233;jug&#233;s : le parall&#232;le avec une personne &#226;g&#233;e et l'entretien &#233;conomique d'une femme beaucoup plus jeune. C'est comme si une lesbienne plus jeune ne pouvait pas aller vers une lesbienne plus &#226;g&#233;e sans qu'il y ait une compensation financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les couples de lesbiennes ayant des diff&#233;rences d'&#226;ge sont-ils les seuls confront&#233;s au probl&#232;me de la d&#233;pendance &#233;conomique ? L'&#226;ge est-il vraiment le seul facteur responsable des disparit&#233;s de richesse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'environnement &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certains de ces films avec de jeunes h&#233;ro&#239;nes lesbiennes, on peut difficilement d&#233;finir le niveau &#233;conomique des actrices (&lt;i&gt;Sonja&lt;/i&gt; de Kirsi Liimatainem, &lt;i&gt;Itty Bitty Titty Committee&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Naissance des pieuvres&lt;/i&gt; de C&#233;line Sciamma) Mais dans la plupart, on devine plus ou moins nettement que les jeunes lesbiennes &#233;voluent dans des milieux privil&#233;gi&#233;s comme dans &lt;i&gt;I can't think straigt&lt;/i&gt; de Shamim Sharif, &lt;i&gt;Family Affair&lt;/i&gt; d'Helen Lesnick, &lt;i&gt;Sex revelation&lt;/i&gt; 3e partie de Anne Heche, et comme dans la s&#233;rie &lt;i&gt;The L Word&lt;/i&gt;. Cette liste n'est en rien exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces milieux riches sont cens&#233;s nous faire r&#234;ver en nous emmenant loin de nos r&#233;alit&#233;s quotidiennes. Mais c'est &#224; mille lieux de ce que 99% des lesbiennes vivent et &#231;a affaiblit, au moins pour nous, l'int&#233;r&#234;t que l'on peut porter aux autres sujets trait&#233;s dans les films ou les s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux lesbiennes &#226;g&#233;es, exception faite de &lt;i&gt;Claire of the Moon&lt;/i&gt; de Nicole Conn, de &lt;i&gt;Sex revelation&lt;/i&gt; 1&#232;re partie, de &lt;i&gt;High Art&lt;/i&gt; de Lisa Cholodenko, et de &lt;i&gt;Ma m&#232;re pr&#233;f&#232;re les femmes&lt;/i&gt; d'Ines Paris et Daniela Fejerman, elles apparaissent dans trop peu de films pour en tirer une conclusion. Les seuls &#233;l&#233;ments pr&#233;sumant de leur niveau de vie sont leur profession. Elles sont souvent professeures, artistes, m&#233;decins&#8230;). Le m&#233;tier et l'argent sont des &#233;l&#233;ments moteurs de l'int&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, il y a une visibilit&#233; lesbienne de plus en plus importante mais banalis&#233;e dans les films.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations des h&#233;ro&#239;nes avec l'argent ne sont pas diff&#233;rentes, dans la majorit&#233; des films, de celle que l'on trouve dans les films h&#233;t&#233;ros. On retrouve le plus souvent, sans trop de surprise, des lesbiennes plut&#244;t jeunes, blanches, et riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf de tr&#232;s rares exceptions dont &lt;i&gt;Born in Flame&lt;/i&gt; de Lizzie Borden , &lt;i&gt;Oublier Cheyenne&lt;/i&gt;, les films ne remettent pas fondamentalement en cause la soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale, ne proposent pas un nouveau type de soci&#233;t&#233; qui inventerait un autre rapport &#224; l'argent et &#224; l'environnement .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons trouv&#233; que tr&#232;s peu de films mettant en sc&#232;ne des groupes politiques lesbiens &#224; l'exception de &lt;i&gt;Born in flames&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Itty Bitty Titty Commitee&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, les films montrent que pour &#234;tre une &#034;bonne&#034; lesbienne, il faut &#234;tre dig&#233;r&#233;e, norm&#233;e, et surtout int&#233;gr&#233;e, avoir des modes de vie qui ne d&#233;rangent pas la soci&#233;t&#233; patriarcale : travailler, faire des enfants, se PACSer, &#234;tre productives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, nous attendons avec impatience un cin&#233;ma lesbien revendicatif, engag&#233;, militant qui &#233;claterait tous ces clich&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps imparti ne nous permet pas d'approfondir le sujet, cependant nous esp&#233;rons avoir ouvert quelques pistes de r&#233;flexions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;membres de D&#233;bat-cin&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Cineffable : laboratoire d'autogestion, &#233;cole d'affirmation</title>
		<link>http://www.coordinationlesbienne.org/spip.php?article191</link>
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		<dc:date>2012-06-16T12:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Cineffable : laboratoire d'autogestion, &#233;cole d'affirmation &lt;br class='autobr' /&gt;
Anne Beniguel &lt;br class='autobr' /&gt; En novembre 2010 se tiendra la 22e &#233;dition du festival du film lesbien et f&#233;ministe de Paris, Quand les lesbiennes se font du cin&#233;ma, organis&#233; aujourd'hui par Cineffable. Difficile de compter les organisatrices qui se sont succ&#233;d&#233;es au sein d'une &#233;quipe renouvel&#233;e chaque ann&#233;e depuis l'origine. Ce qui est s&#251;r, c'est que le flambeau se transmet et que les g&#233;n&#233;rations s'y c&#244;toient en conservant l'esprit originel : ouverture &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.coordinationlesbienne.org/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Utopies et pratiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Cineffable : laboratoire d'autogestion, &#233;cole d'affirmation&lt;/h3&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Anne Beniguel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Trop jeune pour avoir connu les luttes f&#233;ministes des ann&#233;es 70 et trop (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;En novembre 2010 se tiendra la 22e &#233;dition du festival du film lesbien et f&#233;ministe de Paris, Quand les lesbiennes se font du cin&#233;ma, organis&#233; aujourd'hui par Cineffable. Difficile de compter les organisatrices qui se sont succ&#233;d&#233;es au sein d'une &#233;quipe renouvel&#233;e chaque ann&#233;e depuis l'origine. Ce qui est s&#251;r, c'est que le flambeau se transmet et que les g&#233;n&#233;rations s'y c&#244;toient en conservant l'esprit originel : ouverture &#224; l'expression de toutes les lesbiennes, d&#233;cisions collectives, b&#233;n&#233;volat g&#233;n&#233;ral et autonomie. Quelles sont les cl&#233;s de cette long&#233;vit&#233; qui force l'admiration du r&#233;seau des festivals LGBT ? Comment une organisation peut elle fonctionner sur la dur&#233;e sans hi&#233;rarchie, tout en restant ouverte ? Cette ouverture n'en constitue-t-elle pas justement un point crucial ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je commencerai par quelques pr&#233;cisions liminaires pour cadrer mon propos. Tout d'abord je ne suis pas s&#251;re qu'il colle tout &#224; fait avec le titre que je lui ai donn&#233;, un peu rapidement, pour r&#233;pondre aux contraintes de bouclage des documents de communication. Ensuite, cette intervention ne sera pas un historique du festival. Le film r&#233;alis&#233; par les &lt;i&gt;Vid&#233;Obstin&#233;es&lt;/i&gt; pour la 20e &#233;dition le fait admirablement. Elle ne sera pas un historique de Cineffable. Petit rappel pr&#233;alable parce que ce n'est pas connu de toutes : &#034;l'organisme Cineffable&#034; qui fait vivre aujourd'hui &#034;l'&#233;v&#233;nement festival&#034; ne l'a pas cr&#233;&#233;. Les fondatrices de Cineffable ont v&#233;cu le festival avec son &#233;quipe ant&#233;rieure -&lt;i&gt;Saphonie&lt;/i&gt;- et l'ont suffisamment appr&#233;ci&#233; pour prendre le relais lorsque le premier groupe s'est arr&#234;t&#233; (c'est sans doute une vision quelque peu raccourcie des &#233;v&#233;nements mais nous ne sommes pas ici pour en d&#233;battre). Aujourd'hui, plus aucune des cr&#233;atrices du festival ni de Cineffable n'est encore dans l'&#233;quipe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, je ne parle pas pour Cineffable. J'apporte mon t&#233;moignage. Mon propos est d'ouvrir des pistes sur un fonctionnement qui, &#224; mon sens, explique la long&#233;vit&#233; du festival, d'en pointer les facteurs cl&#233;s, et de mettre en &#233;vidence ce que cette implication m'a apport&#233;. D'autres membres de l'&#233;quipe n'auraient sans doute pas le m&#234;me point de vue. En bref, il y a autant de &#034;Cineffables&#034; que de &#034;Cineffabuleuses&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cineffable, donc, une organisation qui fonctionne sur les m&#234;mes principes depuis 19 ans, pour porter et recr&#233;er chaque ann&#233;e un &#233;v&#233;nement majeur et incontournable de notre culture lesbienne -j'esp&#232;re que l'assembl&#233;e ne verra pas dans cette affirmation une quelconque pr&#233;tention de ma part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Savez-vous combien de femmes se sont impliqu&#233;es dans cette aventure depuis l'origine ? (&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi non plus. Mais en parcourant les listes de l'&#233;quipe au fil des catalogues depuis 1989, j'arrive &#224;&#8230; 299 ! Et c'est un minimum, n'oublions pas celles qui, pour des raisons diverses et vari&#233;es, n'ont pas souhait&#233; que leur nom soit publi&#233;. A ce chiffre, il faudrait encore ajouter celles qui renforcent l'&#233;quipe pendant l'&#233;v&#233;nement, que nous appelons entre nous les b&#233;n&#233;voles, comme si nous ne l'&#233;tions pas nous aussi ! Voil&#224; qui concourt &#224; la vigueur et &#224; la long&#233;vit&#233; du festival : de nouvelles forces y entrent chaque ann&#233;e, plus ou moins nombreuses, pour y rester plus ou moins longtemps. Concr&#232;tement c'est simple : lors de la rencontre-bilan du mois de janvier, &#224; laquelle toutes les adh&#233;rentes sont convi&#233;es, on remet tout &#224; plat et on ouvre l'&#233;quipe aux volontaires en leur pr&#233;sentant le fonctionnement et l'organisation en commissions. Seuls crit&#232;res : &#234;tre une femme, &#234;tre motiv&#233;e et avoir au moins &#233;t&#233; spectatrice &#224; un festival (sur ce dernier point, on n'est pas trop regardantes &#8211;j'ai quelques exemples en t&#234;te). Toutes ne restent pas, et c'est normal, elles prennent la mesure de l'implication n&#233;cessaire, de leur disponibilit&#233;, elles trouvent leur place ou non dans l'organisation. Ce n'est pas &#233;vident pour certaines qui ont besoin d'un cadre plus directif &#8211; gageons qu'elles pourront revenir lorsqu'elles seront pr&#234;tes. Au final, le renouvellement est important, d'ann&#233;e en ann&#233;e. Pourtant, depuis 16 ans que j'y suis, revient la question r&#233;currente de notre &#171; capacit&#233; &#224; accueillir les nouvelles &#187; avec ce fonctionnement exigeant et les difficult&#233;s qu'il g&#233;n&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; la n&#233;cessaire implication en commission(s) et en pl&#233;ni&#232;re ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; des r&#233;unions plus ou moins fr&#233;quentes selon les commissions et les p&#233;riodes ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; d'&#233;ternels probl&#232;mes de communication interne ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; des discussions apparaissant crypt&#233;es sur des sujets obscurs pour les non initi&#233;es&#8230;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Message personnel aux membres de l'&#233;quipe ici pr&#233;sentes : c'est pareil au boulot et on n'est pas si mauvaises, les filles ! Mon constat statistique basique sur les listes du catalogue indique que, ces dix derni&#232;res ann&#233;es, nous avons int&#233;gr&#233; entre 7 et 28 nouvelles par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re s&#233;rie de cl&#233;s : ouverture, pluralit&#233; et r&#233;g&#233;n&#233;ration permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;68 noms cette ann&#233;e sur la liste, mais comment &#231;a marche ? C'est une organisation r&#233;solument tourn&#233;e vers l'action. Chaque commission a son champ et dispose d'une v&#233;ritable autonomie dans ce cadre. Cette organisation en commissions, fond&#233;es chacune pour exercer une fonction concr&#232;te au sein du festival ou mener un projet d&#233;fini, &#233;limine les risques de fonctionnement de type &#034;clanique&#034;. Chacune a ainsi une place reconnue au sein de l'association, comme vis-&#224;-vis de l'ext&#233;rieur (par opposition au syst&#232;me pyramidal bureau/CA/ membres de base, qui r&#233;git de nombreuses associations fonctionnant sur le principe de la d&#233;mocratie de repr&#233;sentation). La r&#233;union pl&#233;ni&#232;re mensuelle et les multiples &#233;changes par e-mail permettent la mise en commun indispensable &#224; la coordination g&#233;n&#233;rale des t&#226;ches et &#224; la prise de d&#233;cision sur tout ce qui engage collectivement l'association. Bien s&#251;r, il y a des frictions, des discussions parfois vives, des tensions entre les commissions (Ah, le &#034;dossier bleu&#034; ! Qui s'en souvient aujourd'hui&#8230;) ou &#224; l'int&#233;rieur de celles-ci. Avec une seule r&#232;gle : chacune peut s'exprimer et toutes les voix comptent. Personne n'est &#034;chef&#034; et toutes les commissions ont la m&#234;me importance. La pr&#233;sidente est l&#224; pour signer les demandes administratives, la tr&#233;sori&#232;re pour signer les ch&#232;ques et la secr&#233;taire, &#8230; parce qu'on a &#233;crit un jour qu'il en fallait une dans les statuts. A ce propos, Marie-Jos&#232;phe m'a rappel&#233; aussi qu'&#224; une &#233;poque, la tr&#233;sori&#232;re n'&#233;tait m&#234;me pas dans la commission finances, c'est dire le niveau de confiance. Du coup, il n'y a pas d'enjeu de pouvoir mais un objectif partag&#233; &#224; 100 % : r&#233;ussir le festival (et les autres &#233;v&#233;nements bonus &#8211; en plus petit comit&#233; mais avec le soutien g&#233;n&#233;ral du collectif). Il va de soi que plus on est nombreuses, plus &#231;a se complique (ne serait-ce que pour trouver LA date qui convienne au plus grand nombre et LE lieu suffisamment dimensionn&#233; et accessible pour se r&#233;unir&#8230;). &#201;videmment, les plus impliqu&#233;es sont plus &#233;cout&#233;es, les plus anciennes disposent d'arguments tir&#233;s de leur exp&#233;rience, mais c'est toujours par la discussion qu'on d&#233;cide &#8211; sans censure dans l'expression des id&#233;es, des avis et des propositions &#8211; et si l'on vote (fait rarissime) chaque voix compte &#224; &#233;galit&#233;, et les absentes, si elles n'ont pas donn&#233; pr&#233;alablement leur avis par e-mail, acceptent la d&#233;cision prise et, au-del&#224;, la soutiennent vis-&#224;-vis de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me s&#233;rie de cl&#233;s : prise de d&#233;cision collective, but commun, &#233;galit&#233;, non hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on en tire quoi ? Tout d'abord, pas de b&#233;n&#233;fice imm&#233;diat : b&#233;n&#233;volat g&#233;n&#233;ral et absence d'exploitation personnelle de ce qui est produit (traductions, &#233;crits, visuels&#8230;) constituent une r&#232;gle aujourd'hui bien ancr&#233;e. La r&#233;compense supr&#234;me c'est que le festival existe, qu'il soit r&#233;ussi et que les festivali&#232;res soient satisfaites (enfin sauf celles qui r&#226;lent mais si elles r&#226;lent c'est parce qu'elles l'aiment trop, leur festival&#8230;). Bon c'est un peu ang&#233;lique tout &#231;a, parce que si on reste c'est aussi pour ce qu'on en tire. C'est un espace d'initiative et d'innovation collective, un lieu de mise en commun de comp&#233;tences et de qualification mutuelle. Par l'action, dans l'action, on se perfectionne et on s'approprie des savoir-faire, des techniques et des outils en perp&#233;tuelle &#233;volution. Des exemples en vrac :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;li&gt; le proc&#233;d&#233; de sous-titrage,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le serveur minitel puis le site Internet et l'outil interne &lt;i&gt;Cinefforum&lt;/i&gt;,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la PAO,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la TGTL et son projet vid&#233;o,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les techniques de montage num&#233;rique et le trailer,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'adaptation du sous-titrage au public sourd et malentendant,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'incrustation de sous-titres sur DVD&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;mais aussi les recettes du sandwich concombre ch&#232;vre ou de la tarte poire bleu et bien d'autres que j'oublie ou que j'ignore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corollaire de tout cela c'est que nous comptons d'abord et avant tout sur nous-m&#234;mes, entendu au sens large de l'&#233;quipe et des festivali&#232;res. Longtemps notre action est rest&#233;e strictement autofinanc&#233;e et si nous avons finalement d&#233;cid&#233; de demander une subvention -pas &#224; l'unanimit&#233;, je pr&#233;cise- c'est dans un objectif de reconnaissance institutionnelle et en veillant &#224; ce que son emploi soit identifi&#233; de sorte qu'une non reconduction ne mette pas en p&#233;ril l'avenir du festival.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me s&#233;rie de cl&#233;s : b&#233;n&#233;volat, partage des savoirs, apprentissage dans l'action, autonomie financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin si on &#233;change des id&#233;es, c'est dans le respect d'un principe fondateur auquel nous demeurons particuli&#232;rement attach&#233;es : pas de &lt;i&gt;yaka/faukon&lt;/i&gt; ! De la confrontation des points de vue, des discussions internes, des d&#233;bats avec les festivali&#232;res ou encore de la fr&#233;quentation d'autres &#233;v&#233;nements naissent des id&#233;es pour enrichir le festival, am&#233;liorer l'organisation, cr&#233;er de nouveaux projets en son sein ou &#224; l'ext&#233;rieur&#8230; R&#232;gle de base : tout projet n'est engag&#233; que s'il est port&#233; par une personne ou un groupe. &#192; l'inverse, tout projet existant qui n'est plus port&#233; n'est pas reconduit. C'est ainsi que, par exemple, le festival a connu des ann&#233;es avec f&#234;te et des ann&#233;es sans f&#234;te. &#201;videmment si, un jour, l'&#233;quipe se retrouvait sans personne &#224; la programmation ou &#224; la restauration on aurait un vrai probl&#232;me, mais l&#224; on reste dans le c&#339;ur du festival, pas dans les projets satellites. Et l'on s'y rencontre, c'est une richesse extraordinaire parce que l'&#233;quipe rassemble des femmes d'origines, d'&#226;ges (en 2010 la communaut&#233; cineffabuleuse s'&#233;chelonne de 21 &#224; 78 ans), de parcours, de milieux vraiment tr&#232;s divers. On s'entend mieux avec certaines qu'avec d'autres, on s'y fait des amies ou simplement des partenaires avec qui on a plaisir &#224; &#339;uvrer, on peut y trouver sa compagne ou l'y perdre, voire les deux. On apprend ainsi &#224; collaborer avec des personnalit&#233;s et des caract&#232;res vari&#233;s -et c'est loin d'&#234;tre facile tous les jours, d'autant plus que, contrairement au travail, on participe volontairement et sur notre temps th&#233;oriquement libre. On est sens&#233;es s'investir sans contrainte. Alors on apprend &#224; travailler ensemble, &#224; s'affirmer au sein du groupe, mais aussi vis-&#224;-vis des interlocuteurs ext&#233;rieurs gr&#226;ce au poids et au retentissement du festival. Et, parce qu'on apprend &#224; se conna&#238;tre sur le savoir-&#234;tre et le savoir-faire (et non sur le savoir-dire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Je veux dire par l&#224; qu'une personne qui ne serait que dans le discours sans (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), peut na&#238;tre une vraie confiance, pas aveugle toutefois puisque chaque commission et chacune au sein des commissions rend compte de ses r&#233;alisations. Quatri&#232;me s&#233;rie de cl&#233;s : portage des id&#233;es nouvelles par leur conceptrice ou abandon, pluralit&#233; des rencontres, affirmation, confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, bien s&#251;r, il reste une derni&#232;re cl&#233; que j'ai failli oublier tellement elle va de soi : tout ceci n'est possible que dans la non-mixit&#233;. Certes je n'ai pas d'exp&#233;rience associative mixte, mais dans la vie professionnelle, j'ai pu me rendre compte que si les femmes ne sont pas d&#233;nu&#233;es d'ego, elles ne le placent pas au m&#234;me endroit que ces messieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc les quelques pistes que je propose pour comprendre pourquoi les lesbiennes se feront encore du cin&#233;ma, pour la 22e fois, les 1er et 2 novembre prochains &#224; l'Espace Reuilly.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour conclure, je dirais que Cineffable et le festival constituent le socle sur lequel s'est construite la confiance qui m'a permis d'en arriver o&#249; j'en suis professionnellement. Parce que prendre conscience de la qualit&#233; et de l'importance de l'&#233;v&#233;nement ainsi cr&#233;&#233; et port&#233; par nous-m&#234;mes, m'a donn&#233; force et confiance. Une confiance sur laquelle je peux m'appuyer pour prendre des responsabilit&#233;s et m'affirmer dans d'autres contextes. Ma pr&#233;sence &#224; cette tribune aujourd'hui illustre mon propos. Qui me conna&#238;t depuis suffisamment longtemps pourra t&#233;moigner que, avant, jamais je n'aurais os&#233; m'exprimer ainsi devant vous. Et, question reconnaissance, j'ai connu un grand moment quand, Barbara, toi qui &#233;tais dans l'&#233;quipe d'origine, tu m'as dit en revenant au festival en 2008, qu'on avait su garder l'esprit tout en &#233;voluant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tiens &#224; remercier toutes celles qui ont fait le festival et Cineffable, et celles qui ont &#233;crit les textes publi&#233;s au fil des ann&#233;es dans les catalogues et sur lesquels j'ai pu m'appuyer pour formaliser cette contribution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Trop jeune pour avoir connu les luttes f&#233;ministes des ann&#233;es 70 et trop timide et isol&#233;e dans sa province pour avoir &#233;t&#233; active dans le mouvement gay et lesbien des ann&#233;es 80, Anne Beniguel a commenc&#233; sa vie militante en d&#233;couvrant le festival &#034;Quand les lesbiennes se font du cin&#233;ma&#034; qu'elle a rejoint en 1995. Habitu&#233;e du travail associatif &#034;en soute&#034; ou en coulisse, elle se d&#233;cide &#224; monter &#224; la tribune pour apporter son t&#233;moignage sur cette exp&#233;rience.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je veux dire par l&#224; qu'une personne qui ne serait que dans le discours sans s'impliquer dans l'action ne trouverait pas sa place &#224; Cineffable. On rejoint ici l'exclusion des &#034;Yaka-Faukon&#034;. Cela ne veut &#233;videmment pas dire qu'on refuse celles qui sont capables de parler de leur action ou de th&#233;oriser les r&#233;alisations collectives. (note additive li&#233;e &#224; la question d'une autre intervenante lors du colloque que nous n'avons finalement pas eu le temps de creuser).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
	<item xml:lang="fr">
		<title>Utopies d'une lesbienne voyageuse</title>
		<link>http://www.coordinationlesbienne.org/spip.php?article189</link>
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		<dc:date>2012-06-16T12:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Utopies d'une lesbienne voyageuse &lt;br class='autobr' /&gt; Fiction de Chantal Melli&#232;s &lt;br class='autobr' /&gt; Nous &#233;tions le front du refus ; le lesbianisme, la non-mixit&#233;, le s&#233;paratisme, &#233;taient un choix politique. Nous r&#234;vions d'inventer notre monde pour changer le monde. Nous devions tout d'abord nous lib&#233;rer de notre &#233;ducation, des r&#244;les inculqu&#233;s, nous d&#233;coloniser. Des terres de femmes, des maisons &#224; la campagne, des lieux de rencontre ponctuels, nous ont rassembl&#233;es au Danemark, en Italie, en Gr&#232;ce, en Espagne, en France, aux USA, en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.coordinationlesbienne.org/spip.php?rubrique39" rel="directory"&gt;Utopies et pratiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Utopies d'une lesbienne voyageuse
&lt;/h3&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fiction de Chantal Melli&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Militante f&#233;ministe de base depuis l'&#226;ge de 15 ans, j'ai fait partie de (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Nous &#233;tions le front du refus ; le lesbianisme, la non-mixit&#233;, le s&#233;paratisme, &#233;taient un choix politique. Nous r&#234;vions d'inventer notre monde pour changer le monde. Nous devions tout d'abord nous lib&#233;rer de notre &#233;ducation, des r&#244;les inculqu&#233;s, nous d&#233;coloniser. Des terres de femmes, des maisons &#224; la campagne, des lieux de rencontre ponctuels, nous ont rassembl&#233;es au Danemark, en Italie, en Gr&#232;ce, en Espagne, en France, aux USA, en Australie, en Nouvelle-Z&#233;lande. Le bouche &#224; oreille, nos d&#233;sirs, nos utopies, nous ont transport&#233;es et transform&#233;es. Nous avons appris &#224; vivre et &#224; travailler ensemble, &#224; nous aimer, &#224; trouver et partager l'argent. Nous avons su d&#233;finir une &#233;thique des relations entre femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit est une fiction de l'utopie de la transformation et de la lib&#233;ration des ann&#233;es 1978 &#224; 84. La r&#233;alit&#233; a &#233;t&#233; plus contrast&#233;e et complexe. Il relate un itin&#233;raire d'une lesbienne voyageuse. &lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Itin&#233;raire singulier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a commenc&#233; pour moi &#224; la Gavine, restaurant associatif f&#233;ministe de Toulouse, o&#249; je travaillais depuis 1978. Elise, la Qu&#233;b&#233;coise, est arriv&#233;e &#224; Toulouse et a cr&#233;&#233; l'&#233;v&#232;nement (nous n'avions pas de contact avec les &#233;trang&#232;res) ; c'est la premi&#232;re &#224; nous parler des terres de femmes en Californie et du Festival de musique du Michignan. Puis Alice, qui fait partie du groupe de femmes qui gravite autour de la Gavine, ach&#232;te &#034;Les Laussiers Hauts&#034;, maison &#224; retaper dans le Lauragais, occasion pour elle de d&#233;couvrir Marik, qui fait du mara&#238;chage &#224; En Salvan, tout &#224; c&#244;t&#233;. Ces deux lieux lesbiens s'ouvrent &#224; qui veut donner un coup de main, discuter et prendre du bon temps. Puis je loue les &#034;Bordes-hautes&#034;, petite maison perch&#233;e sur une colline, pas loin de mes voisines. Et je fais des allers-retours pour continuer &#224; travailler &#224; la Gavine, pay&#233;e par les Assedic, que je touche suite &#224; une formation en &#233;b&#233;nisterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 1979, Elise m'informe qu'un groupe part faire les vendanges dans l'Aude, je me greffe dessus et tout commence ! Ce groupe sert de point de ralliement &#224; celles qui rentrent de Gr&#232;ce apr&#232;s avoir ramass&#233; les amandes ou qui arrivent d'Ibiza apr&#232;s la r&#233;colte des olives. Je rencontre les Allemandes pour la premi&#232;re fois. A l'issue de ces vendanges, o&#249; nous avons partag&#233; le travail et la pr&#233;paration des repas, de fa&#231;on &#224; prendre du repos &#224; tour de r&#244;le, nous sommes pay&#233;es en bouteilles de vin sous pr&#233;texte que ce n'&#233;tait jamais les m&#234;mes qui travaillaient !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d&#233;courag&#233;es, nous d&#233;cidons de continuer &#224; vivre ensemble &#224; Bordes-Hautes, maison devenue une destination pour les lesbiennes voyageuses en quelques semaines. Des routardes isol&#233;es, venues d'Angleterre ou de Nouvelle-Z&#233;lande, arrivent au bout du chemin sans pr&#233;venir ; des Espagnoles font escale en route vers le Danemark. Le bouche &#224; oreille et le courrier fonctionnent. La maison est surpeupl&#233;e mais cela n'&#233;meut personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une grande demeure vide lou&#233;e au bord de la Garonne, des amies nous invitent &#224; organiser une f&#234;te qui durera plusieurs jours ; des femmes arrivent jour et nuit, avec leurs instruments de musique et leur duvet. Nous sommes de plus en plus nombreuses &#224; chercher la m&#234;me chose. A plusieurs, nous nous sentons plus riches et plus fortes. Apr&#232;s la f&#234;te, chacune reprend sa route, je retourne &#224; Borde-Hautes avec quelques-unes. Et je reprends mon engagement &#224; la Gavine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224;, on apprend qu'un grand groupe de lesbiennes radicales est arriv&#233; de Berlin avec le projet d'acheter une terre dans la r&#233;gion ; elles organisent de grandes f&#234;tes dans des ch&#226;teaux des environs ; la l&#233;gende raconte qu'elles font si peur dans les campagnes que les prix explosent sur leur passage. Elles sont peu nombreuses &#224; s'installer. Quelques-unes participent &#224; l'achat des &#034;Bouichettes&#034;, terre de femmes sur les contreforts des Pyr&#233;n&#233;es ; des projets agricoles plus individuels voient le jour. A En Salvan, des Allemandes, puis des Italiennes y s&#233;journent et apprennent le mara&#238;chage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e des lesbiennes voyageuses a bouscul&#233; les relations entre les copines de Toulouse ; deux univers cohabitent mais se rencontrent peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un beau jour, je laisse Bordes-Hautes &#224; ses habitantes du moment, pour aller voir le printemps au Danemark, les fleurs sur la neige ! En avril 1980, je d&#233;barque &#224; Kvindelandet, terre de femmes cr&#233;&#233;e par des f&#233;ministes danoises de l'Universit&#233; des femmes, qui ne veulent plus d&#233;pendre des subventions de l'Etat. Ce lieu ouvert, en bordure de for&#234;t, est tr&#232;s investi par les Allemandes. Les Danoises en ont cr&#233;&#233; l'esprit. Nous sommes en permanence une cinquantaine de femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons nues, nous travaillons la terre avec les techniques bio, nous ramassons et scions le bois quotidien, nous soignons chevaux et vaches ; nous faisons beaucoup de musique et de cuisine ; nous construisons, d&#233;corons et r&#233;parons les cabanes et wagons ; nous faisons du yoga et de la relaxation ; nous &#233;changeons des massages ; nous utilisons l'herboristerie et la di&#233;t&#233;tique macro-bio ; nous apprenons &#224; faire des r&#234;ves &#233;veill&#233;s, &#224; utiliser la suggestion positive que nous activons par auto-hypnose ou dans des transes plus profondes ; nous nous r&#233;unissons en cercles de parole&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Le b&#226;ton de la parole, utilis&#233; par les chamanes am&#233;rindiens, garantit une (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune apprend &#224; distinguer ce qu'elle aime faire et ce qu'elle n'aime pas faire. Nous nous encourageons &#224; explorer nos talents, en nous ouvrant des chemins les unes les autres. Nous nous permettons d'explorer sans complexe tous les arts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous faisons plaisir tout en apprenant tout ce qui peut nous servir &#224; nous lib&#233;rer et &#224; nous soigner de la violence masculine et familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe 4 mois d&#233;cisifs &#224; Kvindelandet, &#224; une p&#233;riode d'abondance, avant de partir sans regarder une carte avec quelques amies au nord de la Norv&#232;ge, sur les iles Lofoten, pour aider des Norv&#233;giennes &#224; trouver une terre &#224; moutons. Fascin&#233;es par la nature, nous nous installons dans la montagne pour l'&#233;t&#233;. L'arriv&#233;e des aurores bor&#233;ales nous alerte sur l'automne, qui est en train de nous surprendre. Nous trouvons facilement une petite maison toute &#233;quip&#233;e, en &#233;change de travaux de peinture. Sur la c&#244;te sud, entre montagne et mer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Encore en short, nous posons une petite annonce au supermarch&#233; du coin et nous r&#233;coltons suffisamment de v&#234;tements d'hiver pour faire des matelas. Nous ouvrons chacune un compte en banque, seule condition exig&#233;e du service de l'immigration. Avec l'argent qu'on rassemble, on ach&#232;te une r&#233;serve de carottes et de navets. Le voisin nous offre un champ de patates et nous approvisionne en lait tous les jours. Tout est trop facile, nous devons rester. Nos amies norv&#233;giennes travaillent dans une usine de conditionnement de poisson(s), dans l'&#238;le d'&#224; c&#244;t&#233;, pour ramasser de l'argent. L'hiver nous rel&#232;gue &#224; l'int&#233;rieur, &#224; l'abri du froid et de l'obscurit&#233; ; Nous ne sommes reli&#233;es au monde que par les colis de c&#233;r&#233;ales envoy&#233;s par les copines de Kvindelandet et la pr&#233;cieuse biblioth&#232;que internationale par correspondance. C'est ce que nous recherchions, une exp&#233;rience extr&#234;me avec la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Kvindelandet 7 mois plus tard, an&#233;mi&#233;e par un r&#233;gime sans lumi&#232;re ni prot&#233;ine, je retrouve &#201;lise qui voyage avec Carmen ; je leur promets de les rejoindre en &#201;quateur si elles y partent. Des Allemandes se pr&#233;parent &#224; descendre &#224; cheval vers le sud de la France, pr&#232;s des Bouichettes dans l'Aude. J'habite dans un tipi quelques mois, puis je s&#233;journe &#224; Copenhague avant de redescendre en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Toulouse, les lieux se multiplient, tous invitant. Au cours de l'&#233;t&#233;, je rencontre des copines qui vivent en squat(t), je s&#233;journe &#224; Persin-Bas repris par Fr&#233;d&#233;rique qui essaye de faire vivre cette immense b&#226;tisse au milieu des champs ; et j'entends parler pour la premi&#232;re fois du projet de &#034;Douach&#034;, un autre lieu dans l'Ari&#232;ge, qui vient d'&#234;tre achet&#233; par trois lesbiennes et o&#249; je s&#233;journerai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, en d&#233;cembre 81, je pars en direction de Montr&#233;al, o&#249; &#201;lise et Carmen ont d&#233;cid&#233; de s'installer au dernier moment. Ce n'est pas San Francisco, mais c'est tout comme. Je ne suis jamais all&#233;e aussi loin. Les lesbiennes ont investi le plateau Mont Royal ; les logements immenses coutent peu et se partagent. Beaucoup de copines utilisent le bien-&#234;tre social, comme base financi&#232;re pour se consacrer &#224; leur passion : peinture, musique, photo, performance, vid&#233;o, th&#233;&#226;tre, &#233;criture. Etre jeune n'est pas un handicap comme en Europe. J'assiste &#233;bahie &#224; l'exposition des &#339;uvres des copines, qui c&#244;toient au Mus&#233;e d'Art Moderne &#034;Le banquet&#034; de Judith Chicago. Les f&#233;ministes ont leur compagnie de th&#233;&#226;tre, leur librairie, leur maison d'&#233;dition ; les lesbiennes, l'&#233;picerie bio des s&#339;urs Labrosse, le groupe de rock WonderBrass, deux bars l'un &#224; c&#244;t&#233; de l'autre, le Labyris et le Lilith. Quand la librairie des femmes ferme, une autre s'ouvre. Il y a une &#233;nergie communicative, une effervescence culturelle. Les lesbiennes se rencontrent tous les jours, se produisent dans les bars (expo, musique, performance). C'est un mode de vie communautaire, tr&#232;s organis&#233; et solidaire. Chacune fait, autant que possible, ce qu'elle aime le plus et se nourrit du travail des autres. Les lesbiennes radicales d'&#034;Amazones d'hier, lesbiennes d'aujourd'hui&#034; animent le d&#233;bat politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les bois des Laurentides, il y a aussi des maisons, une terre collective sur laquelle chacune construit sa cabane. Peu y vivent &#224; plein temps, l'hiver est trop long et rude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cet environnement que je vis trois ans, trouvant du boulot avec la carte des copines, qui ne peuvent me la pr&#234;ter qu'un temps limit&#233; pour ne pas perdre leur droit au bien-&#234;tre social. Je change de travail et d'identit&#233; r&#233;guli&#232;rement. Au bout de six mois, je suis en situation irr&#233;guli&#232;re face &#224; l'immigration. En 1984, les f&#233;d&#233;raux me rep&#232;rent, je pr&#233;f&#232;re rentrer avec l'espoir de revenir, plut&#244;t que de me faire expulser. Arriv&#233;e &#224; Paris, je d&#233;couvre, oh combien ! qu'avoir des papiers, conditionne la vie et d&#233;termine mon autonomie. Je choisis la facilit&#233;. Je retrouve les amies du voyage. Nous nous tenons les coudes pour reprendre nos &#233;tudes et apprendre un m&#233;tier. C'est la fin du voyage sans date de retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ce r&#233;cit, j'ai voulu vous restituer ce r&#234;ve que nous avions d'inventer notre monde entre femmes pour changer le monde et continuer la r&#233;flexion d'Adrienne Rich sur l'&#233;thique des relations entre femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce r&#233;cit, j'en extrais trois &#233;vidences encore vivantes en moi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re &#233;vidence&lt;/strong&gt; : nous avons besoin d'espace, de nous cr&#233;er des territoires. L'esprit d'ouverture et de libert&#233; qui r&#232;gne dans ces lieux est essentiel. Chacune, quels que soient son milieu d'origine, son &#226;ge, sa sexualit&#233;, ses moyens financiers, doit &#234;tre accueillie sans apriori et peut trouver sa place. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons faim de nous rencontrer, de nous parler, de penser nos vies et notre relation au monde, de nous aimer, d'avoir des projets ensemble. La non-mixit&#233; nous donne la force de sortir des sentiers battus. Nous explorons un nouvel &#233;rotisme ; la recherche du plaisir nous invite &#224; exp&#233;rimenter d'autres lois, &#224; nous mesurer &#224; nos utopies, &#224; nous inventer au pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Seconde &#233;vidence&lt;/strong&gt; : nous avons besoin de nous lib&#233;rer de notre &#233;ducation h&#233;t&#233;ro-sexuelle et jud&#233;o-chr&#233;tienne. Nous pouvons nous d&#233;barrasser de nos oripeaux de filles occidentales &#034;trop bien &#233;lev&#233;es&#034;. Nous voulons arr&#234;ter de nous infliger des blessures et de nous mentir &#224; nous-m&#234;mes. Le d&#233;sir et la r&#233;volte nous guident. Nous pouvons prendre le pouvoir sur notre mental, nos &#233;motions et notre corps, mettre en cause nos habitudes et nos certitudes. Nous nous regardons autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;cryptons les r&#244;les et les mod&#232;les que nous v&#233;hiculons. Nous nous m&#233;fions particuli&#232;rement du sacrifice et du maternage, du d&#233;sir de fusion et de possession, de la plainte et de la d&#233;valorisation de soi. Nous voulons &#234;tre coh&#233;rentes dans nos actes. Entre nous, nous cultivons l'amour et le plaisir, nous portons un regard bienveillant, optimiste et stimulant les unes sur les autres. Nos diff&#233;rences sont notre richesse. Nous apprenons &#224; prendre chez les autres ce dont nous avons besoin. Chacune est responsable d'elle-m&#234;me, se sent libre et respecte la libert&#233; de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me &#233;vidence&lt;/strong&gt; : nous avons besoin d'acqu&#233;rir notre ind&#233;pendance &#233;conomique et mat&#233;rielle. Nous sommes f&#233;ministes, &#233;cologistes et anti-capitalistes. Nous veillons &#224; instaurer des rapports d'&#233;galit&#233; entre nous et n'acceptons aucune hi&#233;rarchie, les d&#233;cisions sont coll&#233;giales. Nous vivons avec un minimum d'argent. Nous consommons peu. Nous apprenons des unes des autres &#224; faire le plus de choses possibles par nous-m&#234;mes. Nous voyageons ; le monde lesbien est vaste et polyglotte. Rebelle. Nous pouvons y circuler librement. Les lesbiennes pensent et cr&#233;er leur vie dans la marge. Nous y prenons notre droit et notre libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire des lesbiennes voyageuses et des communaut&#233;s lesbiennes commence juste &#224; se raconter. La cr&#233;ation de lieux collectifs et/ou communautaires est encore aujourd'hui une n&#233;cessit&#233; pour inventer nos vies, exp&#233;rimenter d'autres relations entre nous et penser notre action politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;viragehorspiste@yahoo.fr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Militante f&#233;ministe de base depuis l'&#226;ge de 15 ans, j'ai fait partie de nombreuses associations tant sociale, culturelle que politique, ces trois dimensions &#233;tant indissociables pour moi. Je n'ai pas m&#233;nag&#233; mes efforts pour la libert&#233; sexuelle, l'acc&#232;s &#224; la parole, &#224; la pens&#233;e et &#224; l'&#233;criture, la solidarit&#233; concr&#232;te avec les femmes victimes des violences masculines et du racisme, la d&#233;nonciation de l'enferment des femmes dans les emplois familiaux, l'information sur les combats des femmes dans le monde, la solidarit&#233; politique avec les f&#233;ministes alg&#233;riennes en lutte contre l'int&#233;grisme islamiste, la solidarit&#233; avec les prostitu&#233;es sous le joug de la loi hypocrite contre le racolage passif.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le b&#226;ton de la parole, utilis&#233; par les chamanes am&#233;rindiens, garantit une &#233;coute de qualit&#233;, ininterrompue et respectueuse, qui transforme la parole, lui donne du pouvoir. Chacune conclut par &#171; j'ai parl&#233; &#187; et passe le b&#226;ton &#224; qui veut&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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